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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 14:05

 

Marchez comme vos « anciens » !

 

Huit de nos compatriotes viennent d’accéder au généralat. Ce n’est pas donné à n’importe qui, quelque diplômé que l’on soit. C’est un mérite. Et le mérite, c’est le résultat des efforts consentis par une personne tout au long de son parcours professionnel, scolaire, moral, spirituel, intellectuel, etc. Dans un pays qui peine à avoir une élite digne de ce nom dans la force publique, il est grand temps de couvrir ces huit Congolais de tous les plus beaux attributs du monde, en ce que le Chef de l’Etat a détecté en eux d’inestimables et incontestables qualités militaires.

 

Des qualités que les nouveaux promus sont tenus de matérialiser. Il ne s’agira pas de jouer aux généraux occidentaux comme Maurice de Saxe, Philipe Leclerc, Omar Bradley ou Bernard Law Montgomery. Moins encore d’imiter les Africains tels qu’Amadou Toumani Touré. Si en réalité le « comportement dicte le commandement », nos huit promus devront avant tout marcher selon les réalités du pays. De même que l’ont fait leurs anciens. Eux qui actuellement sont très bien appréciés par le peuple tout entier attendu que leurs œuvres sont aussi (et même) plus visibles que les réalisations du président de la république, grand bâtisseur infatigable de tous les temps.

 

Ces anciens qui, pour avoir aidé « président-fondateur » à récupérer « son » pouvoir, cueillent aujourd’hui les fruits de leurs labeurs. Ils ont désormais une place au soleil aux côtés du « Roi Soleil ». Aujourd’hui loin des casernes, ils se contentent pour la plupart de faire du commerce. Ils vendent tout. Y compris ce qui est invendable. Ils se comportent comme des demi-dieux et se présentent comme des épouvantails aux populations.

En 1999, afin de plaire au président qui les avait nommés selon son pouvoir « discrétionnaire », ils ont épargné le pays d’une invasion des ennemis en faisant disparaître plus de 350 Congolais en provenance du Congo Démocratique. Ils n’ont pas eu peur de poser cet acte. Aujourd’hui, ils sont loin de le regretter, car en tant que généraux, ils avaient pu prouver aux yeux du monde et devant le tribunal qu’ils étaient purement innocents.

 

Un bon général, c’est aussi celui-là qui, face à une situation intenable, est capable de former sa propre armée ou sa milice. Comme l’unique général d’armées que le Congo ait jusqu’ici l’avait fait dans les années 90 en se retirant dans son fief d’Oyo avec sa soldatesque constituée de parents, amis et connaissances. Ce qui lui a permis le 05 juin 1997 de répondre à la provocation du régime de l’époque. Et partant reprendre sa très précieuse chose : la magistrature suprême.

 

Un bon général, c’est également celui qui mobilise les armées du monde entier pour s’emparer du pouvoir au mépris de la volonté du peuple. Une fois arrivé à la magistrature suprême, il pratique la théorie de la tribu-classe. Les meilleurs cadres sont ceux de sa tribu, de sa région ou de son village. L’appartenance géographique devient l’unique critère d’éligibilité ou de nomination. Avec ses parents, amis et connaissances, le général devenu chef de l’Etat spolie copieusement le pays. Ils font des dépenses de prestige : tourisme à l’étranger, mariages somptueux des fils et filles, chambres très onéreuses dans les hôtels des Blancs. Avec l’argent pillé au trésor, ils font des prodigalités aux musiciens. En guise de reconnaissance, ceux-ci les citent et les couvrent de plus beaux éloges : grands prêtres, pacificateurs, « a pesa a tala té » (il donne sans contrôler sa poche), etc.

 

Un bon général est celui-là qui perpètre des mascarades électorales et utilise l’armée pour intimider ou traquer le peuple en cas de soulèvement. Car, on n’est pas général pour être aimé par le peuple. Plutôt pour être craint. Un bon général a droit à tous les pouvoirs et droits que lui confère la « caha » président de la république. Ainsi, le pays entier devient une armée totalement dévouée au généralissime à qui on dit chaque jour : « à vos ordres mon général ».

 

Mais attention à la punition Ben Ali, Moubarak et surtout Ceausescu.

 

John Ndinga-Ngoma  

  

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Published by lakuzateur
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