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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 17:34

La Cour Suprême sera-t-elle insensible au geste bestial du raciste Hodjeij et à l'infirmité de Flore Barros? 

 
 

 Insatisfait du verdict de la Cour d’Appel de Pointe-Noire qui l’a condamné à 15 ans d’emprisonnement pour avoir paralysé Flore Barros avec une matraque électrique de type « Taser », Hassan Hodjeij vient d’introduire une demande de pourvoi en cassation. Reste à savoir si la Cour Suprême fera montre de célérité et d’objectivité.  


La demande du pourvoi en cassation a été introduite le 19 mai dernier à la Cour d’Appel de Pointe-Noire par Me Kimpolo, un des quatre avocats de Hodjeij. Et le courrier est enregistré sous le numéro 336 au secrétariat du Procureur Général de la République, Christian Oba. Chose promise, chose due. Le soir même du verdict tombé le 16 mai, Me Tchikambou nous avait confié que la défense ne lâcherait pas prise, puisque selon lui et ses collègues de la défense à savoir Maîtres Mendès, Pénapitra et Kimpolo, la partie civile et le parquet n’avaient pas pu établir la relation de cause à effet tout le long du procès.

  

Et pourtant trois jours auparavant, la Cour présidée par David Anzilando, avait bel et bien déclaré Hassan Hodjeij coupable des faits à lui reprochés. Le verdict fait état de 15 ans de réclusion criminelle, 450.000 francs Cfa (693€) d’amende, 350 millions de francs Cfa (692308€) à payer à la victime et une expulsion du territoire congolais après avoir purgé la peine.


Autrement dit si Flore Barros peut rester infirme à vie alors qu’elle est née valide, c’est parce que le 17 décembre 2010, ce sujet libanais né en 1950 avait appliqué la matraque électrique contre elle à trois reprises. Les documents médicaux (certificats ou rapports) y afférents le confirment.

  

Inventés en 1972 par Jack Cover qui  recherchait une arme qu’on pouvait utiliser dans un avion sans l’endommager, les matraques et/ou pistolets électriques émettent deux dards qui délivrent des milliers de volts. Bien que qualifiée de non létal (ne provoque pas la mort) par les commerçants, la matraque électrique a déjà été, selon le rapport 2008 d’Amnesty International, la cause de 334 décès aux Etats-Unis entre 2001 et 2008. Les effets médicaux du Taser sont d’une extrême dangerosité. « Le pistolet à impulsion à décharges électrique est une arme d’une portée maximale de 7,60 mètres qui propulse deux électrodes (à la vitesse de 50 mètres par seconde) reliées à deux filins isolés. Au contact de sa cible, le pistolet libère une onde de 2 milliampères pour 50 000 volts. Cette onde électrique bloque le système nerveux. Le pistolet envoie alors un signal appelé « ondes Taser », qui bloque les signaux normaux des fibres nerveuses. Selon l'inventeur, l'idée était de neutraliser un individu dangereux à bord d'un avion, sans utiliser des armes classiques», révèle le site wikipédia.


De là comprendre que Hodjeij avait l’intention de faire vraiment mal à Barros. Et même la tuer. Et pourquoi ? Si son avenir sanitaire et même économique semble aujourd’hui compromis, c’est parce que Barros malgré la misère généralisée à laquelle nous ont contraints les autorités depuis octobre 1997, a craché sur les millions de francs Cfa et le véhicule Rav4 du représentant de Lucifer Hodjeij. Durant neuf mois, Hodjeij n’aura fait que multiplier les « je t’aime moi non plus » vis-à-vis de Flore. Mais décomplexée et tenant à sa dignité, cette Congolaise extraordinairement intrépide aura opposé un niet soviétique au dragueur à la matraque. Combien de Congolaises sont prêtes à une telle austérité ? Qui, diable a dit à ce Libanais que l’amour se force ? Qui lui renforcera les capacités communicationnelles afin qu’il devienne même en prison un bon Don Juan ? Il y a nécessité de mettre à sa disposition des poèmes d’amour pour qu’il sache à l’avenir persuader une femme.  


En attendant un éventuel séminaire de renforcement des capacités sentimentales au bénéfice de Hodjeij, il y a lieu de se demander ce que la défense dira de plus à la Cour Suprême qu’elle n’a pas dit à la Cour d’Appel. Usera-t-elle des diversions (ce qui est presque de la perfidie professionnelle) comme nous l’avons constaté lors du procès de Pointe-Noire? Quel stratagème utilisera la défense pour obtenir l’acquittement de son client ? Loin d’influencer la Cour Suprême, les avocats de Hodjeij risquent de perdre de nouveau le procès. Si le droit est quasiment une science exacte qui ne se base que sur des faits vérifiés et vérifiables, quels nouveaux éléments à décharge fournira la défense à la Cour Suprême? A moins de compter sur ce qu’on pourrait appeler la justice à l’africaine ou même à la congolaise. Une justice hautement corrompue et tenue en laisse par les prétendus hommes forts des régimes dictatoriaux, ainsi que l’affirment plusieurs observateurs. 


Et à quand l’examen de cette affaire par la Cour Suprême? Certes il est trop tôt de se poser cette question. Mais la question a sa place puisque la justice congolaise comme d’autres institutions bat les records mondiaux de la lenteur, de la négligence, de la prévarication, de la compromission et du pourrissement des affaires. Certes il ne s’agit pas de confondre vitesse et précipitation. Il faudrait cependant éviter de faire comme la Cour constitutionnelle de la Côte d’Ivoire qui a investi deux présidents de la République dans la même période et quasiment dans les mêmes circonstances. A éviter aussi de faire comme une des chambres de la Cour d’Appel de Brazzaville qui en 2009 a acquitté purement et simplement Nicolas Okandzé qui pourtant avait ordonné l’assassinat de son jardinier….Les exemples de mascarades sont légion.  


Si la Cour d’Appel de Pointe-Noire peut désormais dormir sur ses lauriers pour avoir dit « correctement le droit », selon un observateur, que fera la Cour Suprême protégera-t-elle celui que beaucoup d’observateurs prennent pour l’ami intime de Sassou ? La Cour Suprême attendue au tournant par le peuple. Et tous nous savons ce qu’engendrent les injustices. A bon entendeur salut. 


John Ndinga-Ngoma    

 

Article paru dans Talassa n°297 du vendredi 27 mai 2011, page 4. Site web: www.talassa.org

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Published by lakuzateur
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