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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 12:42

Débat sur la constitution

Peut-être une diversion

Selon ses partisans, Sassou ne s’est pas encore prononcé sur le fameux débat relatif au changement ou non de la Constitution. Mais, tenant au pouvoir, Mwené Lékubé doit avoir un plan B. Lequel ?

Ce n’est plus un doute. Si les fanatiques de Sassou-Nguesso tiennent à ce que la Constitution de 2002 soit abrogée, ce n’est pas tant parce qu’ils sont de fervents partisans de l’équilibre des pouvoirs comme c’était le cas dans la constitution de 1992. C’est plutôt parce qu’ils tiennent à ce que leur manitou brigue un troisième mandat en 2016, en raison de « ses réalisations très visibles ». Lesquelles réalisations ont soi-disant amélioré significativement le quotidien des Congolais.

Or, en tant que grand intellectuel, Sassou n’aime pas ce qui est intellectuellement et politiquement incorrect. L’ignominie non plus ne fait pas partie de son cursus. Il a le sens de l’honneur et du mérite. Comme le montre son brillant parcours militaire, scolaire et universitaire. Il est donc difficile pour « papa bonheur » de changer la constitution du pays pour lui-même, mieux pour se maintenir au pouvoir. Et que gagnerait l’opposition si Sassou s’abstenait de se présenter à la présidentielle de 2016 ? Là est toute la question.

Tout porte à croire que l’opposition congolaise telle qu’elle est aujourd’hui et surtout vu les mécanismes de fraude mis en place par le système Sassou, aura visiblement du mal à damer le pion à Pierre Ngolo, Jean Jacques Bouya ou n’importe quel membre que le PCT aura désigné pour succéder à Sassou.

Dès lors, en acceptant que ses partisans ouvrent un vrai faux débat, mieux fassent d’un bidonnage politico-intellectuel une préoccupation, Sassou est loin d’être bête. Si comme disent ses détracteurs, il n’a pas fréquenté les grandes écoles militaires, il sait au moins que la beauté de l’art militaire réside dans la capacité de diversion pour bien surprendre l’ennemi. Ce débat sur la constitution paraît donc comme une sorte de diversion pour distraire et même égarer les opposants en question. Ce qui lui permettrait de se « poutiniser », c’est-à-dire positionner un candidat qu’il pourra facilement manipuler à l’instar de Vladimir Poutine à l’égard de Dimitri Medvedev ou même Paul Kagamé vis-à-vis de Pasteur Bizimoungou.

Une fois de plus, les opposants seront les dindons de la farce dont Sassou pourra encore se moquer copieusement. Et encore une fois, le peuple paiera le prix de la maladresse d’une opposition fort amorphe.

John Ndinga-Ngoma

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Published by lakuzateur
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